( 14 juin, 2009 )

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Mes ouvrages! dans AVIS AUX CULOTTES detail_7547575

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« Gwemaline… » en Réflexion Tome 2

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 dans AVIS CULOTTES

Nouvelle: La cape noire

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detail_7310751 dans INFINIMENT FEMME

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« Gwemaline… » en Poésie Recueil 2

 (illustrations noir et blanc)

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detail_4929954 dans LA FEMME

Le voyageur de « Gwemaline… »   2009

Nouvelle

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detail_4855525 dans LA MERE

« Gwemaline » en poésie 2008

Tome 1   

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 detail_5361411 dans LE DESIR DE VOYAGE

Gwemaline en Réflexion 2008

Tome 1   

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Deux autres ouvrages en préparation

Dédicaces personnalisées si souhaitées

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( 16 février, 2008 )

LE VOYAGEUR ma première nouvelle

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Les méninges agitées au rythme du vent du sud, un homme, s’apprête à partir travailler.

 Peu motivé, par son activité du moment, il se fait violence chaque matin. 

Mais ce matin là, il se rassied, sur son fauteuil, bascule lourdement la nuque en arrière, son regard s’évade par la fenêtre où les bruits du quartier animent déjà les rues.

La chaleur valse avec le vent, agite les branches, le soleil baigne le balcon d’une intense lumière. 

Etait-ce cette lumière ce jour là qui l’a entraîné?

 «Ca suffit… » se dit-il « Stop, je dois réaliser, et assouvir ce désir de voyage…» 

Il se lève,… alors que les enfants prennent leur petit déjeuner, se disputent et que leur maman intervient à l’unisson… 

Il s’approche d’elle, et lui dit : 

« J’ai pris ma décision, je démissionne.» 

Elle le regarde brièvement, mais avait entendu si souvent cette phrase, qu’elle ne relevait plus, toutefois… quelque chose dans sa voix,…pfffffffff non… elle lui répond : 

« Pour faire quoi ? Veux-tu qu’on galère ? » 

Elle lu dans son regard, quelque chose qui l’inquiéta, mais le quotidien la happe tant, elle n’a pas le temps l’heure de l’école, la garderie, non plus tard, ce n’est pas le moment… 

Alors inquiète, mais pressée, la jeune femme, dépose un baiser sur les lèvres de son compagnon, les enfants s’accrochent à son pantalon comme à leur habitude, et s’effacent très vite au rappel de leur maman pour le départ d’une nouvelle journée. 

Il les écoute s’éloigner, comme une empreinte à conserver.

Le jeune homme va, vient, ça et là, dans l’appartement, étouffe, entre valeur et désir, conscient de sa responsabilité envers sa famille, il hurle de douleur et ne comprend pas l’amplitude de son sacrifice… 

Alors en un instant, cette notion noyée par une volonté, qu’il ne contrôle plus, il prend un sac, la carte de crédit, son passeport, ouvre la porte et s’en va… 

Ses jambes le portent comme jamais elles ne l’ont fait, il ne marche plus, il vole, tellement il est léger…

« enfin, je vais partir seul, libre, tel que je l’ai toujours souhaité… » 

Il se sent Christophe Colomb en découvrant l’Amérique, des immeubles à perte de vue, un rythme de folie, des individus se croisent dans l’anonymat le plus complet, ici nul ne le reconnaît, ne sait à quel point, il peut douter de lui, nul ne sait …

Non, il se sent libre, mais… finalement …étrangement, non, ce n’est pas là qu’est sa place… 

Il part pour le Canada, séduit par le Kébec cet accent d’authenticité, entre francophonie et exubérance des états unis, bien étrange mélange, mais le froid cette vie sous terre parfois, ce rythme, non il se lasse de là aussi… 

Il part en chine, la consommation au moindre coup, à l’économie grandissante son désir de progression, oui c’est là qu’il faut comprendre la recette de cette réussite, cette expansion étourdissante, comprendre les rouages et astuces, mais de quoi… 

Il y trouve une  population étrangement détachée de cette réussite, un contraste entre économie, seuil de pauvreté inimaginable, simplicité des individus, au cœur d’une consommation démesurée, jusqu’à celle des corps par lesquels, il est tenté lui aussi. 

C’est si simple, elles sont partout, à moindre coût, elles sont belles même si pas à son goût, mais les femmes, ici, c’est si simple, pas de temps compté, pas de retard à justifier…  mais plus le charme de la séduction, elles sont produit de consommation…

Mais que fait t’il donc là, lui qui défend l’égalité, lui qui défend le droit de la femme, lui qui n’est pas celui qui pourra finalement aller au bout de son acte…

Il représente la fortune, devant ces âmes démunies d’argent, mais leur a t’on permis un jour de réfléchir. 

Elles sont, mais deviendront elles ?… 

Son chemin le fait glisser en Inde, bien curieuse atmosphère, presque de malaise, les regards profonds…

Il se surprend parfois de s’asseoir un temps, qu’il ne verra pas couler, il attribut cela à la fatigue, mais…il ne sait pas combien de temps il y est en fait resté, entré dans l’intemporel, il se sent plus léger, curieusement, ses priorités lui semblent si superficielles. 

Le silence qu’il avait tant désiré, lorsque ses enfants criaient, lui devient alors une souffrance insupportable, il décide alors qu’il est temps pour lui, de rentrer… 

De retour en France, il a cette hilarité qui caractérise la joie, celle de se retrouver enfin, chez lui… 

Il arrive dans cette ville qu’il a su tant détester, parcours le chemin de la gare à son quartier mais à parfois des difficultés à reconnaître certains endroit, aux portes de son quartier les arbres ont tant poussé qu’il doit regarder à deux fois… Il pousse la porte du hall, monte les marches la clé à la main, et face à une porte glisse sa clé dans la serrure, mais…. Rien à faire il ne parvient pas à l’introduire, mais la porte s’ouvre brutalement et un colosse se découpe devant lui imposant et menaçant…. 

Interloqué, hébété il dit à l’homme… « Qu’est ce que vous faites chez moi » 

« hein, t’es pas bien… » lui rétorque l’autre  « ici c’est chez moi, t’avise pas de recommencer, sinon je te fais descendre les marches sur le crâne » et claque brutalement la porte. 

Interloqué, il reste bête devant cette porte fermée, puis fini par redescendre les marches, sortir du bâtiment, et va s’asseoir sur  un banc, perdu.

Sa femme a déménagé, mais pourquoi ne l’a-t-elle pas…………

En fait, il n’avait jamais donné de nouvelles, elle n’avait aucun  moyen de le faire, il a perdu toute notion de temps, leurs économies lui ont permis de vivre sans s’inquiéter, mais en fait il ne sait pas comment, ils ont fait pour vivre… 

Il les avait posé là, tels des objets, égoïstement gardés. 

Il ne comprend pas, son esprit embué s’affole il ne reconnaît plus rien, il a dû se tromper de quartier…mais…. 

D’un coup un espoir, au loin il aperçoit une silhouette familière, une vieille femme au pas lent. 

Il court vers elle, et lui dit comme un gamin. 

« Bonjour, Madame, Masiro, comment allez vous…. Je cherche ma femme… vous ne sauriez pas où elle habite ? 

Un peu méfiante la vieille dame, le regarde la canne prête à intervenir, puis son regard, ses sourcils se froncent, son regard fonce, elle lui dit. 

Bon dieu, Toi… comment t’as pu faire ça à ta famille,….elle lui assène des coups sur la poitrine, mais il finit pas attrapé ses poignets, … «  c’est moche ce que t’as fait… une si gentille petite famille… » 

Après un temps… les larmes aux yeux, il lui dit  « je veux les retrouver…, s’il vous plait aidez moi » 

Et elle finit par le lui dire, sans plus de précision… 

Alors les ailes au vent, il court jusqu’au quartier indiqué, arrive devant une maisonnette surélevée d’un étage, un couloir lui laisse entrevoir très brièvement deux enfants qui jouent, puis qui disparaissent à nouveau derrière la maison, plein d’émotion et d’excitation , mais la peur l’envahi tant de sentiment  contradictoires …

Et il finit par sonner… pas de réponse, il insiste il entend des voix dans le jardin, puis des pas…un verrou, la poignée s’anime, la porte s’ouvre, et apparaît une femme éblouissante tout sourire, sa femme…. 

Et là la pâleur envahie le visage de la jeune femme, son sourire a disparu, sa main instinctivement se pose sur son ventre arrondi, dans le silence , leurs regards s’accrochent, les larmes déjà coulent dans les yeux de la femme, il ne trouve pas ses mots. 

D’autres pas s’approchent, plus lourds, …un homme vient prés de la jeune femme, et dit : 

 « Qui est ce chérie ? » Le bras autour de la taille de la jeune femme, il regarde son adversaire, mais le voyageur comprend, elle ne l’a pas attendu, alors sous le choc, il s’en va sans un mot. 

Perdu dans cette vie, dont il s’est exclu, il va de jours en jours, dormir de banc en bancs, de pont en pont, quand un jour, le froid plus fort que son envie de vivre l’emporte dans le plus long des sommeils… 

Notre voyageur, regardait si loin devant lui, pensant toujours partir à la découverte du plus beau pays du monde, qu’il en a oublié de voir ce qui l’entourait au quotidien, quand enfin de retour, tous ses proches l’on quitté, seul dans cette contrée où il est né, cet homme trop tard a su apprécier la valeur de ce qu’il n’a su garder, comme s’il n’ avait jamais su regarder. 

Alors un jour, peut être, vous ressentirez, en passant dans ce quartier, son esprit flotter, dans ce quartier qu’il avait tant renié, où il va s’accrocher, comme à regret de n’avoir su l’admiré… 

Alors sans jamais plus pouvoir les toucher, il a regardé de si prés et si loin à la fois grandir ses enfants, sans jamais plus pouvoir les embrasser, ni leur exprimer son amour, pas plus que ses regrets. 

Gwemaline… 

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